Cuisinez le passé

– Mais mais… je vous assure je n’ai rien fait! C’est même pas moi, j’ai un alibi j’étais au cinéma!
– Laisse tomber Mister Passé, on a de quoi te faire parler! On va te cuisiner!
– Ah non pitié, aarrrrrg!

Ça c’est du préambule, moi je vous le dis. Et les tortures de Mister Passé vous seront encore plus familières quand vous aurez goûté aux recettes de cuisine que je me propose aujourd’hui de vous faire découvrir!

La cuisine préhistorique en 5 leçons

Voici donc le retour de notre rubrique gastronomique emblématique. Après la grande réussite des recettes en vrac, des recettes  thématiques de l’été, de l’hiver, et de la densité, notre thème aujourd’hui sera beaucoup plus pointu. En effet nous allons utiliser les techniques de cuisine d’un passé vraiment lointain, un héritage qui nous vient directement de nos ancêtres de l’ère glaciaire : la cuisine préhistorique.

Comment?! Mais quel manque de cœur, vous doutez  que les hommes préhistoriques aient développé un art culinaire plus évolué que la cuisson au feu de bois? Et pourtant, mélanger un machin avec un autre pour voir ce que ça donne, ça ne date pas d’hier! Vous allez être surpris…

Les premiers hommes avaient quelques problèmes de dents, il a donc fallu attendre un petit peu pour que les douleurs gingivales régressent, au profit de la gastronomie. Après des recherches laborieuses, j’ai retrouvé la trace des premiers essais en matière de cuisine de la tribu des Nazetitep (- 696669 av JC). Ces fragments sont parvenus jusqu’à nous à travers les millénaires, sous la forme de recettes fossilisées et de tablettes d’ingrédients en grès.

Les recettes traditionnelles de la tribu des Nazetitep

L’une des premières tentatives de cuisine complexe fut réalisée à la fin de l’ère glaciaire par Papy Gourmet, le grand sage du village des Nazetitep, qui aimait bien prendre des bains de boue. Il avait commencé à mélanger de la boue et des feuilles mortes dans une cuvette naturelle en calcaire, lorsque l’idée lui vint d’y ajouter tout ce qui lui passait par la main : baies, crottes de lapin, petits oiseaux, écorces, fleurs de jasmin… Il touilla le tout pendant quelques minutes, goûta sa mixture et trouva que c’était infâme. Ainsi naquit la première soupe traditionnelle nazetiteppe.
Évidemment, la recette a été grandement améliorée au fil du temps. L’ajout de chou était déjà un plus qui faisait un peu passer le coup de boue, et la découverte 500 ans après de la patate et du maïs permit aux descendants du grand sage de composer un bouillon un peu moins infâme appelé par la suite « gruau ».

Dans un autre genre, les galettes de céréales étaient mises à toutes les sauces tout au long de l’année. Évidemment, la sauce était constituée principalement de sang et de gras fondu, mais je voulais surtout vous parler des galettes : très proches des produits « bio » qu’on connait de nos jours, elles étaient constituées au départ de fruits et de graines, parfois agrémenté de miel. Ensuite les ingrédients ont dérivé vers les tubercules et les légumes en forme de courgette, mais cette formule avait beaucoup moins de succès, surtout auprès des enfants. Les galettes de céréales ont ensuite été abandonnées, pour être remplacées par le boulgour.

L’invention du four permit aux Nazetitep de diversifier leur alimentation, car ils purent alors expérimenter également dans le domaine des biscuits à la viande. Ces biscuits étaient constitués de farine, de viande, d’œufs et de sang, pour le meilleur des effets. Ils étaient très utilisés par les chasseurs-cueilleurs, mais les experts gustatifs de la tribu ne parvenaient pas à s’accorder sur le type idéal de bête à tuer pour la confection des biscuits. C’est pourquoi ils furent délaissés quelques siècles plus tard au profit du « Direct-mammouth », plus accessible au commun des Nazetitep.

Un des mets les plus savoureux de la cuisine nazetiteppe était le pemmican, un encas composé de poudre de viande séchée et de fruits rouges écrasés. Cette recette obtenait beaucoup de succès et participa à la disparition de certaines espèces de groseilliers. C’était un mets de fête, traditionnellement réservé à la consommation du grand chef et de ses conseillers, et parfois utilisé comme tribut de guerre (tout comme les plus belles femmes de la tribu).

La cuisine nazetiteppe regorge de particularités issues du cannibalisme latent de l’espèce. Ces penchants étaient le plus souvent refoulés en public, alors que certains l’endossaient fièrement, arguant que cette façon de se nourrir était plus saine pour le corps et rendait plus fort. L’érudit nazetitep Giovanni Panzani proposa un traité à ce sujet accompagné de quelques recettes cannibales dans son parchemin à sensation « 1001 façons de cuisiner papi ».  Ces documents sont parvenus jusqu’à nous dans un état très lacunaire, mais on saisit assez bien le principe.

Certains écrits plus récents parlaient au contraire d’une cuisine « lumineuse », plus en accord avec l’esprit Nazetitep, qui prônait le retour à une alimentation à base de soupe des sous-bois. Nous n’avons que peu d’informations sur les ingrédients employés, néanmoins on peut estimer qu’un grand nombre de champignons hallucinogènes, d’herbe à chat et de topinambours étaient au menu de ces illuminés.

Ce sera tout pour cette fois. J’espère que ce sujet vous a plu!

Si vous voulez essayer une de ces recettes, n’oubliez pas de vérifier vos rappels de vaccins, et surtout prenez des photos, je veux voir ça!

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