La broderie c’est geek

Dans l’inconscient populaire, la broderie est une de ces disciplines prisées des petites mamies, encore dans la fleur de l’âge, mais passablement désœuvrées, et qui souhaitent faire un peu autre chose que du crochet. Mais il faut se rendre à l’évidence : pour broder avec de touts petits fils, il faut avoir de bons yeux, et pas trop d’arthrite dans les doigts. La broderie est un ouvrage de précision qu’il ne sera pas forcément aisé d’entreprendre dans nos belles années de vieillesse, aussi j’ai pris un peu d’avance.

Plus précisément, je fais du point de croix. Pour ceux d’entre vous qui n’auraient pas tellement idée de quoi ou qu’est-ce et surtout comment ça marche, je vous invite à parcourir ce vieux billet (qui date de 2009, époque où je commençais seulement à explorer les vastes possibilités qu’offre le point de croix), cela devrait vous clarifier un peu les idées.

J’avais immédiatement relevé l’analogie entre le point de croix et le pixel art, puisqu’il s’agit dans les deux cas de produire une œuvre graphique en assemblant des petits carrés de couleur, et avec un nombre de couleurs limité. Il n’y avait plus qu’un pas à faire pour que je me mette à dessiner mes propres pixel arts pour ensuite les broder!

Ça a commencé un jour pluvieux de décembre… Je contemplais mes kits de point de croix compté aux motifs animaliers, le vague à l’âme… Est-ce que je trouverais un jour le moyen de broder un dragon? Cela paraissait tellement hors de portée… J’étais déjà heureuse d’avoir trouvé un écureuil, mais je sentais au fond que je ne serais jamais entière tant que ce dragon m’échapperait. Il me le fallait… Mon presssssieux…

Oh bien sûr, c’est du boulot de dessiner une image en pixel art. Pour ma première création, je me suis donc tournée vers la facilité : un sprite de jeu vidéo assez ancien, pour qu’il soit assez petit, avec un nombre de couleurs déjà bien limité, comme ça je pourrais presque directement m’en servir comme modèle pour broder. Le processus est simple pour broder un sprite de jeu vidéo :

  • Sélectionner un sprite en fonction de sa taille en pixels. Ce sera la taille de la broderie en nombre de points. Entre 50 et 100 pixels de côté sont une bonne taille (au moins pour commencer) permettant un certain niveau de détail tout en ne prenant pas des mois à broder.
  • Un petit passage soit dans psp/photoshop/autre logiciel d’édition d’image, ou dans kgchart/autre logiciel de création de modèles de point de croix, pour diminuer le nombre de couleurs différentes si nécessaire, et ajouter une grille pour obtenir un modèle prêt à broder
  • Rassembler la toile, une aiguille à broderie et surtout les fils nécessaires (attention au choix des couleurs!)
  • Broder.
  • Être content!

J’ai donc opté pour le premier dragon avec une bonne tête que j’ai trouvé : Gildiss, le (terriblement costaud) boss de fin d’un jeu SNES de 1991 pompeusement intitulé King of Dragons. Jolies couleurs, jolis traits, 107 x 67 pixels de bonheur (rien que pour sa tête). Ça doit chercher dans les 3000 petites croix à broder quand même, à la louche. Voilà voilà…

L’étape de pure broderie m’a pris de long mois : j’ai été à court de fil orange, puis d’autres projets passaient avant. Le dragon se morfondait la nuit en disant que je l’avais abandonné, qu’il allait retourner dans son jeu vidéo à jamais, que là au moins on lui donnait régulièrement à manger des héros tout à fait appétissants.

Finalement, un monsieur un peu bizarre est venu me demander de broder un dragon pour son fiston qui allait avoir son 7ème anniversaire. Comme le monsieur faisait un peu peur (avec sa tête de citrouille), ça m’a bien motivée pour finir le dragon en deux temps trois mouvements! Le mieux pour finir un projet, c’est bien d’avoir une deadline de toute manière. C’est pour ça que mes projets de broderie que je fais pour moi avancent à une allure d’escargot…

L’achèvement d’une œuvre de broderie est un évènement pour le moins exaltant, on pourrait même dire jouissif si la politique éditoriale de ce blog était un peu plus lâche sur certains points de vocabulaire. Ce dragon était tellement agréable à broder (et pas trop long à réaliser) que je décidai immédiatement de le refaire avec des couleurs différentes : vert, violet… En attendant, le petit garçon reçut bien son cadeau d’anniversaire : il regarda mon œuvre avec admiration, convaincu que je descendais d’une famille de chasseurs de dragons (j’en suis moi-même également convaincue à présent).

Ainsi donc, 6 mois plus tard je brodais à nouveau ce dragon, cette fois en vert (et sans m’arrêter à tout bout de champ). Le résultat est un peu pétant mais plutôt flatteur pour l’oeil :

 

Inutile de vous faire remarquer que les dragons en point de croix, c’est naturellement super classe, trop beau, magnifique et somptueux. Ce ne sont que les premiers, j’espère bien qu’il y en aura d’autres…

Oh, mais j’y pense, j’ai effectivement brodé un autre dragon (bien que celui ci soit un dragon chinois, et pas originaire du médiéval-fantastique). C’est Mushu, le petit conseiller de Mulan :

 Oui, Disney c’est geek aussi. Parce que j’ai décidé que ça l’était, c’est tout.

Le design est de moi, mais fortement inspiré d’une image qui venait du world wide web.

D’ailleurs, si vous voulez retrouver l’ensemble de mes créations en point de croix, ainsi que les modèles que j’ai bricolés, et d’autres informations, c’est par ici que tout est rangé : http://santian69.deviantart.com/gallery/9967817

On peut facilement trouver des images issues de la culture geek et les transformer en point de croix, ou des modèles purement geek sur certains sites spécialisés comme ici, ou .

Je vous en colle encore quelques autres!

       

C’est-y pas charmant tout ça? Allez, Happy Stitching tout le monde! 🙂

2 réponses sur “La broderie c’est geek”

  1. L’image du chasseur de dragon que j’ai c’es le Gros barbare torse-nu avec des tatouages et des tresses qui saute du haut d’une tour avec une hache à 2 mains… C’est un aïeul à toi ?

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